Strasbourg - 2008

Tranches de vie d’un congressiste

Quelles sont les impressions qui assaillent un congressiste, quelles sont ses préoccupations comment voit-il ces trois jours au cours desquels il espère être pris par la main et entraîné dans des activités organisées, minutées, sans souci de la logistique et sans trop d’effort à fournir, autrement dit, le congrès de l’ANMONM représente-t-il trois jours de vacances ? C’est un peu cela en effet J’ai essayé au jour le jour de dresser un carnet de route.

Jeudi 18 soir

D’abord l’arrivée : elle représente à elle seule un test pour savoir si le congrès va démarrer sous de bons ou mauvais auspices : pas de problème de transport, pas de problème de chambre d’hôtel, pas de problème d’intendance d’une façon générale, un accueil chaleureux et personnalisé par l’efficace comité d’organisation avec la remise d’une sacoche qui, outre quelques documentations et superbes cadeaux, contient le sacro-saint badge sans lequel la convivialité fraternelle ne peut se déclencher, car son port confirme l’existence de chacun de ses porteurs dans la même confrérie, élément supplémentaire de tranquillité d’esprit Avec lui nous ne sommes plus seuls perdus dans un monde inconnu. Ces conditions sont remplies, tout va bien.

En plus, il est bien rare de ne pas retrouver quelques compagnons déjà connus et amis avec lesquels il sera facile de constituer un groupe indissociable pour toute la durée du congrès, quitte quelquefois pour rester ensemble à « trafiquer » les plans de table difficilement mis en place par les organisateurs…

Vendredi 19

C’est la journée officielle : discours, conférences, cérémonie du souvenir au camp du Struthof et le soir, réception par la mairie de Strasbourg dans le magnifique palais des Rohan. Là, je dois dire que dès le matin l’ambiance a été, à mon sens, à la fois sérieuse et conviviale et que cette convivialité est restée présente dans l’air jusqu’à la fin du congrès, j’en suis bien heureux pour les organisateurs.

Le discours du ministre, M. Jean-Marie Bockel, ainsi que celui de M. Roland Ries, sénateur-maire de Strasbourg ont été appréciés. Ils s’inscrivaient parfaitement dans nos préoccupations et notre ligne de conduite. Les conférences, l’une sur le Rhin et l’autre sur l’Alsace ont été prononcées à l’évidence par deux passionnés à la fois de leur sujet, mais aussi de leur région, respectivement MM. Albert Bour et Yves Muller.

Et voilà terminée une belle matinée studieuse dans les horaires prévus, avec la recommandation de ne pas traîner à table pour le déjeuner au Hilton, le départ pour le Struthof étant impératif à 14 heures !

Le site du camp du Struthof est absolument grandiose sous un grand soleil et avec les couleurs de l’automne, la cérémonie du souvenir n’en est que plus émouvante, comment dans un pareil site ont pu se perpétrer des crimes aussi horribles ? Il faut entretenir la mémoire et le souvenir pour que plus jamais ce type de camp ne puisse exister, c’est la vocation essentielle du Centre européen du résistant-déporté que nous visitons ensuite, présenté avec passion par sa directrice, madame Valérie Drechsler.

Magnifique site que celui du palais des Rohan, où la mairie de Strasbourg nous reçoit pour un cocktail de bienvenue auquel le qualificatif de « dînatoire » convenait parfaitement. En Alsace, il n’est jamais question de laisser mourir de faim ses invités... ! Ce lieu solennel a donné l’occasion au colonel Aziz Meliani, grand officier de notre Ordre, adjoint au maire et vice-président de la communauté urbaine de prononcer un discours de compagnon, dans lequel, à la surprise générale, il a souhaité préconiser pour l’association une nouvelle règle des « 3 C », caractère, combativité, constance :

  • « caractère, car c’est la vertu des temps difficiles, or comme vous le savez, nous vivons aujourd’hui dans un monde de plus en plus instable
  • combativité pour défendre les valeurs citoyennes qui fondent notre vivre ensemble républicain
  • constance dans notre engagement en faveur des valeurs propres à notre association, notamment la valeur solidarité, valeur cardinale de notre vie en société. »

Samedi 20

Strasbourg le matin, choucroute à Stutzheim à midi, Strasbourg l’après-midi. Voilà le programme touristique. Bien sûr, il était hors de question d’éviter la cathédrale, merveille de grès rose et la vieille ville, ce furent des visites à pied avec des guides de grande qualité, il a été bien agréable de se souvenir que en 1792, le 26 avril, Rouget de l’Isle composa et interpréta le chant de guerre de l’armée du Rhin qui deviendra La Marseillaise dans le bâtiment qui abrite la Banque de France de nos jours. Il a été également impossible ensuite d’éviter un passage à la cave historique des Hospices de Strasbourg, où il a été une fois de plus facile de constater que le vin est un excellent médicament eu égard à la qualité des caves de beaucoup d’établissements hospitaliers du royaume de France.

Il est vrai que chacun a eu beaucoup de mal à se déplacer à nouveau à l’issue de la cérémonie de la choucroute au restaurant « Le Marronnier » à Stutzheim, mais la perspective d’une promenade digestive en bateau-mouche a finalement décidé les retardataires à rejoindre les cars pour rentrer à Strasbourg avec tout de même un retard certain sur l’horaire qui heureusement n’a pas mis de trop mauvaise humeur les membres du comité d’organisation. Tout le monde a pu profiter pleinement du paysage et presque tout le monde, à pied pour certains, a pu arriver à temps pour le dépôt de gerbe au monument aux morts que le gouverneur militaire de Strasbourg, le général Dexter, nous a fait l’honneur de présider.

Le général Dexter et son épouse nous ont aussi fait l’honneur de participer à notre soirée de gala à l’hôtel Hilton., tenue de soirée civile ou militaire recommandée. Excellent dîner, excellent orchestre, donc excellente ambiance. Ont été surpris beaucoup de compagnons et leurs conjoints en train de faire grand honneur aux danses traditionnelles avec pour certains le regret manifesté de la rareté de telles soirées à l’heure actuelle.

Dimanche 21

Sur le programme, il était écrit : Route des vins d’Alsace et elle a été suivie en effet longuement au point que plus l’on se rapprochait de l’étape suivante, plus la soif se faisait sentir, à se dire qu’il est plus facile de la supporter dans le désert qu’au milieu des vignes... ! Je suis incapable de citer tous les noms des villages ainsi traversés, tous célèbres et entourés de centaines d’hectares qui produisent les plus célèbres crus d’Alsace.

Notre longue patience a été cependant récompensée par un accueil particulièrement chaleureux à la Confrérie Saint-Etienne au château de Kientzheim, où trois d’entre nous ont été faits « oenophiles distingués » après une terrible épreuve de reconnaissance vinicole, le tout, il faut le dire dans une ambiance particulièrement conviviale et où le grand chambellan a su montrer comment apprécier le vin avec nos cinq sens réunis.

Le mont Sainte-Odile nous a accueilli ensuite pour le déjeuner, à une heure plus proche de celle du goûter, à cause du retard accumulé depuis le matin, compte tenu du fait que peut-être en Alsace mesure-t-on les distances en pieds (de vigne) plutôt qu’en mètres et que l’on a vu vraiment beaucoup de pieds. Je pense qu’il sera nécessaire de revenir pour une visite approfondie du site, qui le mérite amplement, en espérant que le beau temps sera encore de la partie.

Un congrès digne de ce nom ne peut se terminer sans un cocktail de clôture. M. le maire d’Obernai nous a reçus dans sa magnifique mairie. Il s’était fait représenter par sa première adjointe Mme Catherine Edel qui nous a tracé un portrait de sa ville donnant là aussi l’envie d’y revenir par exemple à l’occasion des marchés de Noël du mois de décembre.

Conclusion

Excellent congrès. Excellente organisation, merci au comité du Bas-Rhin, au président Trautmann et au vice-président Gillmann. Excellente ambiance, merci à tous les participants. Petit regret : trop peu de compagnons. A dans deux ans pour le prochain, à Tours, pourquoi pas ?

Le congressiste François Koscher

Photos Agence SPHYNX (J-C Rime)